Si on peut facilement mesurer l'efficacité des armes traditionnelles, qu'en est-il d'une arme non conventionnelle comme le terrorisme ?
Ces actes répréhensibles destinés à mettre en avant une cause, bonne ou mauvaise (là n'est pas la question), se caractérisent toujours par la conjonction de deux facteurs : une action de violence aveugle et la diffusion médiatique massive des résultats de cette action. Le terme 'facteur' prend tout son sens quand on compare la portée d'une prise d'otage d'un journaliste occidental par un groupe terroriste avec, par exemple, la mort de 30 femmes et enfants sur un marché aux épices à l'autre bout du monde. Le premier mobilise les politiques et les célébrités, l'autre est traité comme un fait divers vite oublié.
Comme le dit si bien le grand poète Marilyn Manson :
The death of one is a tragedy
The death of a million is just a statistic
On peut alors se poser cette question : que se passerait-il si demain tous les mass médias du monde se concertaient et refusaient tout simplement de parler des actions terroristes ? Plus un mot, rien, silence total ! Cela pourrait sembler un bon moyen, en réduisant un des facteurs de l'équation à zéro, de supprimer le terrorisme.
En poussant un peu la réflexion, on arrive plutôt à ces conclusions :
- Le média le plus puissant est aussi le plus incontrôlable : Internet. Le silence total sera donc impossible à faire.
- Si demain, prendre quelques otages et tuer quelques passants ne suffisent plus à faire parler de soi, les terroristes seront obligés (dans leur logique) de passer à la vitesse supérieure grâce à tout l'arsenal militaire circulant sur le marché noir : chimique, nucléaire et bactériologique.
Il est donc très douloureux mais assez réaliste de constater que c'est peut-être un moindre mal que le journal de 20H commence souvent par quelques corps déchiquetés. Cela devrait éviter, je l'espère, qu'un jour il commence par plusieurs dizaines de milliers de corps irradiés.